Pascal - Janet Paulson
Janet Paulson

Pascal

Pascal - Janet Paulson

J’étais allée dans un restaurant merveilleux. La décoration était originale, avec des fauteuils profonds et confortables en guise de sièges autour des tables, des tableaux très colorés ornaient les murs de l’établissement et les serveurs avaient tous des cravates de couleur différente, unies. L’ambiance était conviviale. J’étais venue avec un ami et nous avions discuté de nos vies respectives, qui avaient beaucoup changé depuis la dernière fois que nous nous étions croisés, cinq ans auparavant. Il avait déménagé et je n’avais eu aucune nouvelles de lui, même sur mon réseau social. J’avais même craint qu’il lui soit arrivé un accident ou quelque événement grave et imprévisible. Il n’en était rien ; mon ami Pascal se tenait devant moi et j’avais l’impression que nous nous étions quittés la veille. Pendant tout ce temps, j’avais progressé dans mon emploi, et j’avais un poste avec de nombreuses responsabilités. Je sortais d’un entretien avec un planificateur financier, et j’avais rencontré Pascal en sortant de ce rendez-vous.

J’étais célibataire, tout comme lui, et nous avons ri en parlant de nos conquêtes d’autrefois. Nous nous étions connus vers l’âge de douze ans. Ses parents avaient emménagé dans la maison juste en face de la mienne et nous avions pris le bus ensemble pour aller à l’école. Nous étions partis en vacances ensemble, avec d’autres amis, quand nous avions eu dix-neuf ans. Nous avions tant de souvenirs en commun que la soirée se passa rapidement. Je travaillai le lendemain, je ne pouvais que rentrer chez moi, ce que je m’empressais de faire quand je vis l’heure tardive. Nous avions échangé nos numéros de téléphone et nos adresses de messagerie électronique. J’espérais que nous nous échangerions des messages et que je ne perdrais plus son contact.

J’étais devant mon immeuble quand mon téléphone vibra. J’avais reçu un petit texte, de quelques lignes, émanant de mon ami. Il me remerciait d’avoir passé la soirée avec lui et il me demandait si nous pouvions nous revoir le weekend prochain. Il voulait m’emmener voir une exposition, dans un musée, sur la peinture anglaise du dix-neuvième siècle. Je lui répondis que j’étais disponible. J’étais d’autant plus impatiente de le revoir que, en repensant à la soirée, je n’avais presque rien appris de ce qu’il avait fait pendant tout ce temps. Je ne savais même pas où il était allé ou encore le métier qu’il avait exercé. Il n’avait jamais été aussi mystérieux et je voulais absolument en savoir plus.